Comment vivre mieux et plus longtemps ?

Cette question, tout le monde se la pose. Beaucoup ont essayé d’y répondre en vantant les mérites de la diète méditerranéenne ou en proposant des livres aux recettes miracles pour un bonheur assuré. La littérature sur le sujet est abondante et ceci depuis l’Antiquité.

Nous devons manger moins et moins gras, bouger plus et avec moins de stress. Nous devons tenir compte de notre groupe sanguin, de nos antécédents ou de nos vies antérieures, des anges et de l’Univers. Pourquoi pas ? Dans cette foison d’idées et d’expériences personnelles, sans doute pourrez-vous trouver comment vivre mieux et plus longtemps … Et si la réponse était beaucoup plus simple ? Et si les facteurs clefs étaient bien plus fondamentaux et nettement moins aguicheurs ?

C’est ce que tend à démontrer une étude de l’Université d’Harvard sur le développement adulte conduite par le Prof. Robert Waldinger. Pouvez-vous imaginer une étude qui suive la vie de personnes de leur jeunesse jusqu’à leur mort tant du point de vue de leur santé psychique que physique, pour mettre en évidence ces facteurs clefs ? Cette étude existe bel et bien, c’est l’étude de l’Université d’Harvard.

Commencée en 1938 avec 700 personnes de deux groupes distincts, l’un favorisé et l’autre défavorisé, socialement et économiquement. L’étude se poursuit toujours depuis 75 ans : 60 personnes sont encore en vie aujourd’hui, âgées de plus de 90 ans. Le suivi a été systématiquement documenté à travers des questionnaires et des entretiens réguliers avec les participants à cette étude. L’état physiologique a été suivi grâce aux médecins qui ont réalisé et documenté les analyses. Vraisemblablement pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, nous avons une vue objective sur le développement de l’existence de plusieurs centaines d’individus pendant une longue durée.

La conclusion peut paraître banale, et pourtant … Le facteur clef, central, pour vivre mieux, plus longtemps et sans doute plus heureux, est la qualité des relations humaines que nous réussissons à entretenir avec nos semblables. L’étude va plus loin en corrélant la santé physiologique à ce facteur clef. Nous prenons soin de notre cerveau et de ses capacités cognitives en favorisant des relations de qualité. A contrario, nous détruisons notre corps et nous amplifions les problèmes et les douleurs lorsque nous entretenons des relations disharmonieuses.

L’interprétation d’une conclusion aussi simple et profonde pourrait être abusive. Une relation de qualité n’implique pas de proximité géographique. Elle incorpore le conflit comme source productive de changement pour le psychisme de l’être humain. Elle ne se barricade pas dans un cercle fermé, ni dans celui du couple, ni dans celui de la famille et s’ouvre en permanence sur l’avenir.

Que veut dire alors une relation humaine de qualité ? Serait-ce une relation qui inclut de l’écoute, du partage, de la bienveillance et surtout de l’amour ? Serait-ce une relation qui, au-delà de nous rassurer, nous nourrit et nous invite à croître ? Nous devons essayer de répondre à ces questions par nous-mêmes. Demandons-nous pourquoi la relation humaine de qualité est-elle si centrale pour le développement de l’être humain ? Cela nous permettra de décider quelle énergie et quel temps nous investirons pour donner de la qualité à nos relations humaines.

Chacun possède des compétences sociales variables, avec plus ou moins d’aptitudes à la socialisation. Dans tous les cas, l’éducation des enfants puis l’activité professionnelle encouragent et favorisent les liens. Le retraité, par contre, doit réinvestir la relation humaine dans un autre contexte. Les personnes âgées, dont les compétences sociales sont plus faibles, sont alors fortement désavantagées. Les troubles sensoriels et toutes les formes d’invalidation induisent la mise en place de stratégies de compensation qui contribuent encore à un bon niveau de socialisation. Passé une certaine limite, la personne âgée se sent fragilisée et entre dans un processus progressif de repli sur soi et finalement d’isolement. L’étude de l’Université d’Harvard montre que le manque de relations humaines de qualité détruit progressivement l’être humain dans son esprit et dans son corps.

La fondation AutonomisHome considère que prendre soin des personnes âgées va bien au-delà des soins de base : il faut redonner du temps relationnel de qualité. Dans cet esprit, nous proposons des cours d’informatique durant lesquels les seniors peuvent échanger et partager leurs expériences. Nous proposerons bientôt un service de soutien technique à domicile, qui sera souvent le prétexte à maintenir une relation et à lutter ainsi contre l’isolement.

Notre but est de mettre en place une plate-forme pour assurer et amplifier le lien social, en donnant une place à chacun dans un réseau de proximité s’étendant au-delà des limites de son quartier. La fondation projette de créer et de développer des binômes fonctionnels entre les personnes âgées et leurs proches-aidants. Ceux-ci n’appartiennent pas nécessairement à la famille ou aux voisins de quartier.

Prendre soin du corps et de l’esprit des personnes âgées, c’est les soutenir et les encourager dans leurs besoins de socialisation. La technique développée par la fondation en est le vecteur.